Le chavirage s’est produit à l’entrée du chenal de
Il est 9h, le site météo France (http://www.meteofrance.com/FR/mer/bulCote.jsp?LIEUID=COTE_SOMM_HAGU) annonce une mer belle à peu agitée et un vent de force 4 à 5. Par contre, le site de météo marine de calvados nautique (http://www.calvados-nautisme.com/Meteo-marine) annonce une météo plus clémente : mer belle et vent de force 3 à 4.
Je fais un petit tour sur la plage, nuages et ciel bleu, mer belle, le vent ne me semble pas très fort.
Depuis deux jours le vent soufflait à plus de Direction le port, nous embarquons, gréons le bateau et entamons une sortie de
Il est 11h30 quand nous arrivons en pleine mer… de gros nuages noirs se sont installés entre temps au dessus de nos têtes. Nous essuyons une averse… Qu’importe, nous enfilons les cirés et continuons notre promenade.
Le vent a un peu forci et comme souvent à la sortie de l’estuaire nous rencontrons des vagues assez fortes et sommes pas mal secoués…
Nous sommes au près et attaquons les vagues de face. Je ne borde pas trop les voiles pour limiter les risques.
Nous pensons qu’une fois éloignés du rivage et du lit de
La pluie s’est arrêtée, mais après une trentaine de minutes de navigation, nous rencontrons des vagues toujours aussi fortes et le vent ne baisse pas. J’hésite à prendre un ris dans ces conditions, pas très facile. Nous décidons de faire demi-tour.
Virement de bord, puis cap vers l’embouchure de
Nous filons bon train et surfons régulièrement sur une vague. Nous avons un peu dérivé mais arrivons quand même à quelques centaines de mètres de l’entrée du chenal…
Soudain, une vague déferlante un peu plus grosse vient casser contre le bateau et nous met en travers sans que mon coup de barre ne parvienne à l’en empêcher … le bateau chavire violemment en nous éjectant à la mer.
Un petit moment de panique, je ne vois plus Olivier pendant un temps qui me semble durer une éternité ! Enfin j’aperçois sa tête derrière une vague. Nous sommes entiers, juste quelques ecchymoses… Que faire ? Le bateau est resté couché et s’éloigne de nous, il est à une trentaine de mètres. Nous enlevons cirés et chaussures… Nous n’avons pas mis les gilets de sauvetage, quelle inconscience !
Pas de bateau à l’horizon. Pas de secours en vue. Nous sommes suffisamment proches du rivage pour qu’un poste de secours de la plage nous ait vus… Pas d’inquiétude.
Nous nageons vers le bateau, mais les déferlantes rendent son approche un peu dangereuse… la plage est à Intervention de l’équipe du poste de secours Houlgate temple qui vient nous chercher au bout de 20 minutes en zodiac (le moteur n’arrivait pas à démarrer !). Je demande à aller vers le bateau pour essayer de faire quelque chose. Ils refusent : notre sécurité avant tout. Nous débarquons au poste de secours et suivons la suite des évènements par radio. Le zodiac s’est rendu vers le bateau et essaye de le tirer avec un bout… difficile.
Entre temps les vagues qui tapaient contre la cabine ont fini par la remplir, le bateau flotte toujours mais s’est retourné !
Les sauveteurs du Zodiac amarrent sommairement le bateau à une bouée de délimitation de la plage. On ira le rechercher lorsque la marée descendra dans quelques heures.
Nous rentrons à la maison. Lorsque nous sommes revenus vers 16h, vision d’horreur, le bateau a rompu ses amarres et est venu s’échouer sur la plage. Le gréement a dû taper contre des rochers, j’aperçois des morceaux de mats, de voiles, de cordages tout autour… Mon pauvre bateau a souffert.
Nous entreprenons de démonter le gréement et de faire l’inventaire des dégâts…
Nous avons perdu une bonne partie de l'équipement et des objets qui étaient à bord (palm, GPS, extincteur, lunettes, etc... ne flottent pas !) Voila une bonne leçon à méditer. Je navigue trop peu et j’avais pris confiance au fil du temps, mais j’ai sans doute surestimé mes capacités. En mer, tout va très vite, même dans des conditions qui n’étaient pas à priori très difficiles et nous n’avions même pas mis les gilets !
Les sauveteurs nous ont dit ensuite que lorsque le vent souffle du nord, certains bancs de sable génèrent des déferlantes à cet endroit et qu’il faut passer plus au large pour limiter les risques, je ne le savais pas…
Voici quelques photos des dégats ...





Commentaires
Merci pour votre site, que je visite régulièrement, et pour votre récit de chavirage. Il ne peut qu’inciter à la prudence. A certains endroits (Pertuis de Maumusson, Banc de la mauvaise)
les déferlantes qui semblent pouvoir apparaître à tout moment là où il y a des bans de sable même avec une faible houle sont très angoissantes. Quel est le comportement à avoir si elles apparaissent ?
PS : je ne suis pas un donneur de leçon bien sur, mais j\\\'essaye de comprendre, les conditions n\\\'étaient vraiment pas très maniables, et la première fois qu\\\'on les rencontre, on est pas toujours très fier, je pense qu\\\'avec la version misaine et taillevent, saurait été différend, à cause de la disposition longitidunal des voiles, très sur l\\\'avant et aussi très sur l\\\'arrière, en plus on lache la drisse, la voile tombe, meme à l\\\'eau c\\\'est moins grave, et tout se calme. Question : en filant la drisse de pic sur une voile aurique, celui ci en descendant ne réduit il pas la vile de près de la moitié de sa surface, comme sur les gréements classiques, peut etre alors que la bome vous aurait géné ?
Bien amicalement à vous.
Peut-être aurais-je ajouter les 5cv du Honda, espérant ne pas être rattrapé par la vague, pour garder le cap, mais si l'étrave plongeait dans la vague précédente???
Mais je pense que j'aurais aussi chaviré...
A petit tirant d'eau similaire et dans ces conditions , un petit voilier étroit comme un doris ou autre (Longueur / largeur = ou sup. à 3) pourrait mieux garder son cap qu'un petit voilier large?
Une coque large avec une quille "longue" (mais adieu aux faibles fonds) passerait mieux de telles vagues en gardant son cap.
Une fois mis en travers, difficile de toute façon pour un petit voilier de ne pas chavirer??
Voir les photos d'une mise en travers et d'un chavirage:
http://photos.sfsurvey.com/
Dans ces conditions, ce voilier n\\\'est pas trop large; et au contraire cette relative grande largeur améliore son comportement sous voiles.
Mais comme le souligne Loyal, la question reste: quel comportement à avoir si on se fait surprendre un jour?
A ma grande surprise, j'ai appris que quelques jours après moi, un voilier d'une dizaine de mètres a cassé sa quille en talonnant sur le même banc de sable et chaviré dans des conditions identiques...
Moi qui pensait qu'avec un plus gros bateau un peu mieux lesté je serai passé dans de meilleures conditions... à méditer.
Merci pour votre récit qui nous concerne tous.
La mer reste la mer et nous savons tous que nous pouvons être un jour au mauvais moment au mauvais endroit. La déferlante reste certainement un des plus grand danger.
Je retiens deux choses ;
Le port de la brassière me semble indispensable des l’arrivée des premiers moutons (le Skellig ne brille pas par sa stabilité de poids). Les nouvelles brassières gonflables automatiquement ne sont pas gênantes à porter. Au moins, on n’a pas à s’occuper de flotter, on peut s’occuper du reste !
L’insubmersibilité est une vraie sécurité.
C’est toujours difficile de prendre la décision de quitter le voilier pour rentrer à la nage, une tête sur l’eau se repaire mal ; avez-vous hésité à prendre cette décision ?
Encore merci pour votre récit en espérant que vous vous sortiez bien maintenant de la déferlant de papiers administratif pour les assurances.
Bon courage
LADY CACHALOT
http://lady.cachalot.over-blog.fr
honte sur moi ! Je néglige ces temps-ci mes amis blogueurs, comme je néglige mon blog sur la Bourgogne !
Bonne année avec un peu de retard (mais pas trop)
Amicalement.
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Des vagues semblent creuses et certaines déferlent: c'est impressionnant depuis un petit voilier, et j'aurais peut-être fait des erreurs similaires!