Le Skellig 2 "Grace"

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Vous trouverez ci-dessous une description des modifications apportées par Thierry, un très bon marin, sur son Skellig 2 Sloop.
Je pense que cela peut intéresser tout le monde :

"J'ai acheté ce Skellig d'occasion en avril 2009, en passant par Plasmor.

J'ai conservé le nom du bateau : Grace (comme grace Skellig/Kelly ...),

Ce bateau avait déjà été un peu équipé par Plasmor à la demande de mon prédécesseur :
- Un second vide-vite, et d'un plus gros diamètre 
4 - Vides-vite

- Deux taquets coinceurs sur l'angle du roof pour l'écoute de foc (vraiment très pratique)

4 - Point d'écoute trinquette et retour d'enrouleurs

- Une pompe de cale qui se manoeuvre de l'extérieur (la petite trappe fermée en dessous du support de bouée couronne de la photo)

5 - Point des harnais, support de bouée et pompe de cale 

Pour ma part, j'ai demandé à Plasmor :
- D'ajouter un "bout dehors". Je souhaitais cet équipement pour pouvoir gréer un foc, très à l'avant, et ainsi naviguer stable avec vent portant (c'est ton témoignage et mon propre chavirement en 420 qui m'ont persuadé de la nécessité de ce grément : merci. Voir aussi la photo de ton site : pilotag1). De ce fait, le foc "normal" prend le nom de "trinquette" et le foc sur "bout dehors" s'appelle "foc".
- De gréer la trinquette sur enrouleur, avec commande du cockpit 
CIMG0781.JPG 



1 - Ridoirs sur-dimentionnés

j'ai également apporté  moi-même quelques modifications :
- En tête de mât, j'ai fixé l'étai sur le point bas (au lieu du point haut). J'ai ainsi pu récupérer le point haut pour y placer la poulie de drisse du foc (le foc gréé sur le bout dehors). L'étai a du être diminué de 7 cm. C'est un peu court, j'aurai du le diminuer de 6 cm (pas de photo de la tête de mat avant que je ne désarme le bateau ...)
- Les ridoirs des haubans ne tenaient que par leurs derniers tours (haubans trop couts !). j'ai mis des ridoirs plus longs, mais aussi plus gros. Ils sont sur-dimentionnés mais je n'aurais jamais de problème par là ... 
- Foc sur emmagasineur (enrouleur simplifié / photo ci-dessous)
1 - Foc, trinquette et grément de brise


- Hale-bas de grand voile (photo ).

2 - Hale bas

De mon point de vue, c'est simplissime et indispensable car ça permet d'étarquer la gand-voile sans effort, par le bas, après l'avoir hissée tranquillement (voir la tension du guindant de grand-voile sur la photo)

2 - Guindant Gd voile

- J'ai fait mettre une 3éme bande de ris
- J'ai préparé les prises de ris en mettant une poulie à l'aplomb de chaque oeuillet de bosse de ris (voir les photos, prises sous 1 ris ci-dessous). Les bosses de ris du premier et du second ris se terminent par une boucle qui s'accroche immédiatement :
     la première (verte) sur un taquet tourneur fixé sur la bôme
     la seconde (rouge) sur un des crochets du vit de mulet (le hasard a voulu que ce soit juste la bonne longueur)
     la troisième (bleue) se tourne normalement sur le second taquet de la bôme.

3 - Taquets prise de ris 3 - Vue sur prise de ris

3 - Vue sur prise de ris 2 3---Point-d-amure.JPG

- Enfin, j'ai fixé deux solides pontets (1/personne) pour ne pas finir à l'eau comme le regretté Tabarly."



Avec ce bateau, Thierry a vécu une navigation un peu agitée qui montre les bonnes qualités du bateau ... et du marin.

Voir ci-dessous son commentaire :

" De mon point de vue, il faut être super préparé (bateau et équipage) pour être capable de gérer tout, y compris l'impensable, avant le naufrage plutôt que d'être équipé pour après ... (mais je touche du bois en écrivant ça !)

Enfin, après quelques ronds dans l'eau, ma femme et moi avons enfin pris la mer, le 13 juillet, à Royan, direction la Bretagne ...


La Gironde et ses côtes sont redoutables, non par leurs roches, mais par la mer qui se lève sur les fonds, notamment sur les bancs de sable, en "brisants" et autres "barres infranchissables". La littérature parle même de vagues de sable contenant à l'occasion quelques galets ... Le banc au nord de l'embouchure de la Gironde s'appelle d'ailleurs "banc de la mauvaise" ...


Bref, nous voilà obligés de tirer très au large (5à 7 miles) pour contourner ce fameux banc avant de pouvoir mettre cap au nord pour doubler la pointe de Chassiron (nord ouest d'Oléron) soit 30 à 40 miles de route.


Sans alerte météo, le beau-temps-moteur et bain-de-soleil du matin s'est peu à peu transformé en grand mauvais temps venant du sud-ouest (par chance, le vent est arrivé avant la mer ). J'ai donc eu le "plaisir" de prendre le premier puis le second ris, et de rouler la trinquette. Devant la persistance du mauvais temps, nous nous sommes déroutés sur "La Cotinière". Mais ce nouveau cap nous a fait passer de "vent de travers" à "grand-largue", c'est à dire à une allure plus instable et potentiellement plus à risque.


J'ai pris le troisième ris ... (et envisagé de finir sous trinquette seule, partiellement roulée ... ). J'ai vérifié "in vivo" que le Skellig est stable au portant, mais sous grand-voile arisée à mort. Il est aussi extrèmement rapide car l'impression de vitesse s'apparentait à celle ressentie en cata de sport (10 noeuds ?) ... J'étais à la barre, et je ne regardais pas derrière pour ne pas être effrayé par la mer. Le "sprint" a durée plus d'une heure ...


A posteriori, je me fais reproche de ne pas avoir remonté un peu de dérive car le bateau restait encore ardent. Mais c'était supportable et il se barrait encore très bien d'une seule main. J'y ai bien pensé, mais en 420, remonter la dérive au portant augmente à la fois la vitesse et les risques, et je ne voulais ni de l'un ni de l'autre. Et puis un bateau ardent se contrôle mieux qu'un bateau mou susceptible de partir à l'empannage ... à contre ... et au tas !


Le port de La Cotinière est l'unique refuge de ce vaste cul de sac (attention pourtant car ce port est habituellement fermé à la plaisance). D'ailleurs du nord d'Oleron, jusqu'au pays Basque, le manque absolu d'abris transforme une navigation côtière en véritable traversée. Je me félicite surtout de l'achat de ce petit GPS qui m'a permis de mettre le cap à coup sûr sur ce port. En effet, en plus d'être inhospitalière, il n'y a aucun point à relever sur cette côte basse et boisée, hors les phares de Chassiron et de la Coubre (l'un droit devant, l'autre droit derrière). Sans cet appareil, j'aurai eu une grave difficulté de plus à gérer.


L'entrée au port de La Cotinière a été un peu limite par le fait que mes livres (guides Bénéteau) donnaient un alignement à suivre, illustré de deux photos d'un des phares d'entrée de port NON concerné par l'alignement, et aucune photo du phare concerné ... Je suis juste allé beaucoup trop loin, très près de la terre ... Heureusement, la proximité de la côte, et la violence des vagues m'ont fait abandonner cette recherche d'alignement et couper au plus court.

Enfin, grâce à vos messages (notamment le commentaire n°3) j'avais veillé à fermer les capots pour éviter de voir le bateau se remplir d'eau en cas de chavirement, comme celui de notre ami, mais -merci Jésus Allah Bouddha- ça n'a pas été utile !


Le lendemain matin, au réveil, nous avons constaté qu'un grand nombre de chalutiers était également venu se mettre à l'abri à "La Cotinière" pendant la nuit. Le coup de vent a duré 3 jours, et, de mon point de vue, a largement dépassé "force 7".



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